Chinchard poisson recette : comment apprivoiser ce poisson méconnu en cuisine du quotidien

Chinchard poisson recette : comment apprivoiser ce poisson méconnu en cuisine du quotidien

Chinchard poisson recette : comment apprivoiser ce poisson méconnu en cuisine du quotidien

Le chinchard, avouons-le, n’est pas le premier poisson qui nous vient à l’esprit quand on pense “dîner simple et gourmand”. Entre le saumon, la daurade et le cabillaud, il fait un peu figure d’oublié sur l’étal du poissonnier. Et pourtant… C’est un poisson savoureux, économique, riche en bons nutriments et parfait pour la cuisine du quotidien, à condition de savoir comment l’apprivoiser.

Dans cet article, je vous propose de faire un peu plus connaissance avec le chinchard, puis de le mettre tout simplement à table avec des idées de recettes faciles, familiales et sans chichis.

Le chinchard, c’est qui exactement ?

Le chinchard est un poisson bleu, comme la sardine ou le maquereau. On le trouve souvent sous le nom de “chinchard”, parfois “sévereau” selon les régions. Sa chair est assez ferme, avec un goût typé mais plus doux que le maquereau.

On le reconnaît à :

  • Sa forme allongée et fuselée
  • Sa peau argentée aux reflets bleutés sur le dos
  • Sa taille variable (de petits chinchards de 15 cm aux beaux spécimens d’environ 30 cm)
  • C’est un poisson de saison, qu’on trouve souvent à prix très doux. Il est riche en oméga-3, en protéines, en vitamines du groupe B… bref, un allié intéressant pour des assiettes équilibrées, surtout si vous cherchez à varier un peu des “classiques”.

    Pourquoi le chinchard mériterait une place dans votre cuisine du quotidien ?

    Si vous avez l’habitude de dire “je ne sais jamais quoi faire avec ces poissons-là”, le chinchard est un bon terrain de jeu. Il a plusieurs atouts pour une cuisine simple et maison :

  • Il est bon marché : parfait pour caser du poisson au menu sans exploser le budget.
  • Il est savoureux : suffisamment de goût pour ne pas être fade, mais pas trop fort s’il est bien cuisiné.
  • Il supporte bien plusieurs cuissons : au four, en papillote, grillé, poêlé, en marinade…
  • Il se marie bien avec les légumes du quotidien : pommes de terre, carottes, poireaux, oignons, tomates, courgettes, agrumes…
  • En résumé, c’est un poisson qui se prête très bien aux soirées de semaine : un plat complet au four, une papillote vite préparée, un reste qu’on recycle le lendemain dans une salade… sans heures passées en cuisine.

    Bien choisir et préparer le chinchard

    Comme souvent avec le poisson, tout commence chez le poissonnier.

    Pour bien le choisir, vérifiez :

  • Les yeux : brillants, non enfoncés, sans voile blanc.
  • L’odeur : une odeur de mer, pas de “poisson fort”.
  • La peau : brillante, lisse, sans tâches suspectes.
  • La chair : ferme au toucher, qui reprend sa forme après une légère pression.
  • Demandez sans hésiter à votre poissonnier :

  • De vider les poissons
  • De les écailler (ça vous fera gagner du temps à la maison)
  • Éventuellement, de les lever en filets si vous craignez les arêtes
  • Une fois chez vous, conservez le chinchard au réfrigérateur, bien emballé, et cuisinez-le idéalement dans les 24 heures.

    Avant la cuisson, un petit geste change tout : rincez rapidement le poisson, épongez-le bien, puis salez-le légèrement à l’intérieur et à l’extérieur. Laissez-le reposer 10 à 15 minutes au frais. Cela aide à raffermir la chair et à assaisonner en douceur.

    Chinchard au four : la recette du soir sans prise de tête

    C’est la méthode que je recommande si vous découvrez le chinchard pour la première fois : on pose tout dans un plat, on assaisonne généreusement, et le four fait le reste. Pendant ce temps, vous pouvez préparer une petite salade verte ou ranger la cuisine.

    Pour 2 à 3 personnes, il vous faut :

  • 3 petits chinchards (ou 2 gros), vidés et écaillés
  • 500 g de pommes de terre (type chair ferme)
  • 2 oignons
  • 2 gousses d’ail
  • 1 citron (bio si possible)
  • Quelques brins de thym ou de romarin
  • Huile d’olive
  • Sel, poivre
  • Préparation :

  • Préchauffez le four à 180°C.
  • Lavez les pommes de terre et coupez-les en rondelles fines (pas besoin de les éplucher si la peau est fine).
  • Émincez les oignons.
  • Dans un plat allant au four, disposez une couche de pommes de terre et d’oignons, salez, poivrez et arrosez d’un filet d’huile d’olive.
  • Enfournez 15 minutes pour commencer la cuisson des légumes.
  • Pendant ce temps :

  • Rincez les chinchards, épongez-les.
  • Salez et poivrez l’intérieur et l’extérieur.
  • Glissez dans chaque ventre une demi-rondelle de citron, un petit bout d’ail écrasé et un brin de thym.
  • Ensuite :

  • Sortez le plat du four, mélangez légèrement les pommes de terre et oignons.
  • Déposez les chinchards par-dessus.
  • Ajoutez quelques rondelles de citron sur le dessus, un filet d’huile d’olive, éventuellement un peu de vin blanc si vous en avez sous la main.
  • Enfournez à nouveau pour 15 à 20 minutes environ, selon la taille des poissons.
  • Comment savoir si c’est cuit ? La chair doit se détacher facilement de l’arête centrale et ne plus être translucide. Évitez de trop cuire, au risque de dessécher le poisson.

    C’est un plat complet, simple, nourrissant, qui a ce petit goût de “cuisine de la mer” sans être compliqué. Servez avec une salade verte, un peu de persil frais ciselé ou quelques tomates cerises juste revenues à la poêle.

    Version express : chinchard en papillote à la poêle

    Si allumer le four en semaine vous décourage, une autre méthode fonctionne très bien : la papillote à la poêle. On garde les avantages (poisson moelleux, peu de vaisselle, cuisson douce) sans avoir à préchauffer le four.

    Pour 2 personnes :

  • 2 chinchards vidés et écaillés
  • 1 carotte
  • 1 poireau (ou un petit fenouil)
  • 1 petit oignon
  • 1 demi-citron
  • 2 c. à s. d’huile d’olive
  • Sel, poivre, herbes (aneth, persil, ciboulette… au choix)
  • Préparation :

  • Coupez deux grands rectangles de papier cuisson.
  • Émincez très finement la carotte, le poireau et l’oignon (en julienne si possible).
  • Disposez un lit de légumes au centre de chaque feuille de papier.
  • Salez et poivrez légèrement.
  • Posez un chinchard par-dessus.
  • Ajoutez quelques gouttes de citron, un filet d’huile d’olive, des herbes fraîches.
  • Refermez la papillote en pliant bien les bords pour que la vapeur ne s’échappe pas.
  • Cuisson :

  • Faites chauffer une grande poêle avec couvercle, à feu moyen-doux.
  • Déposez les papillotes dans la poêle, sans ajouter de matière grasse.
  • Couvrez et laissez cuire 12 à 15 minutes selon la taille des poissons.
  • Le poisson cuit dans sa propre vapeur avec les légumes qui vont légèrement compoter. C’est une cuisson très douce : peu d’odeurs dans la cuisine, très peu de vaisselle, et une chair fondante. Parfait pour un soir de semaine avec un peu de riz ou de quinoa.

    Et si on a peur des arêtes ? Chinchard en filets poêlés

    Si les arêtes vous freinent (ou si vous cuisinez pour des enfants), vous pouvez demander des filets à votre poissonnier. Le chinchard en filets se prépare ensuite comme beaucoup de filets de poisson : poêlés simplement, avec un petit accompagnement de légumes.

    Idée pour un dîner rapide :

  • Filets de chinchard
  • Un peu de farine (ou de semoule fine) pour l’enrobage
  • Huile d’olive
  • Citron
  • Sel, poivre
  • Préparation :

  • Épongez les filets.
  • Salez et poivrez des deux côtés.
  • Farinez-les très légèrement (secouez l’excédent).
  • Faites chauffer un filet d’huile d’olive dans une poêle.
  • Faites cuire les filets 2 à 3 minutes côté peau d’abord, puis 1 à 2 minutes de l’autre côté.
  • Servez immédiatement avec un trait de citron.
  • Avec une poêlée de courgettes, un écrasé de pommes de terre ou des carottes rôties, vous obtenez un plat complet, très simple et qui change du sempiternel filet de cabillaud.

    Que faire avec les restes de chinchard ?

    S’il vous reste du chinchard cuit (au four ou en papillote), surtout ne le jetez pas. Comme beaucoup de poissons bleus, il se recycle à merveille froid, le lendemain.

    Quelques idées toutes simples :

  • Salade de chinchard aux pommes de terre : effilochez la chair du poisson, mélangez avec des pommes de terre vapeur, un peu d’oignon rouge, de persil, une vinaigrette moutardée et, si vous aimez, quelques câpres ou cornichons.
  • Tartinade de chinchard : émiettez le poisson, ajoutez un peu de fromage frais, de jus de citron, de ciboulette, poivre, un peu d’huile d’olive. À tartiner sur du pain grillé avec une salade verte.
  • Bol façon “buddha bowl” : dans un bol, assemblez du riz ou du quinoa, des crudités (carottes râpées, concombre, radis), un peu d’avocat si vous en avez, et le chinchard émietté par-dessus avec une sauce yaourt-citron.
  • C’est une excellente manière de prévoir un peu plus large le soir et de vous faciliter le déjeuner du lendemain.

    Avec quels légumes servir le chinchard ?

    Le chinchard a du caractère, mais il reste assez polyvalent. Il aime :

  • Les légumes doux : pommes de terre, patate douce, carottes, fenouil, poireau, oignon.
  • Les légumes un peu sucrés : tomates, poivrons, courge, oignons confits.
  • Les légumes verts : haricots verts, épinards, courgettes, brocolis, petits pois.
  • Quelques associations qui fonctionnent très bien :

  • Chinchard + pommes de terre + oignons + citron = le trio de base, toujours gagnant.
  • Chinchard + fenouil + orange = une assiette très parfumée, avec un joli mariage d’anis et d’agrume.
  • Chinchard + tomates + poivrons + oignons = ambiance un peu méditerranéenne, surtout avec de l’ail et du thym.
  • Pensez aussi aux légumes rôtis au four : vous pouvez faire cuire tout ensemble. Légumes coupés en gros morceaux dans le fond du plat, bien huilés et assaisonnés, chinchard posé par-dessus pour la fin de cuisson.

    Comment apprivoiser son goût (et l’odeur) ?

    Si vous êtes habitué aux poissons blancs très doux, le chinchard peut vous sembler un peu plus marqué. Rien de dramatique, mais il faut choisir les bons assaisonnements.

    Ce qui fonctionne très bien :

  • Le citron et les agrumes en général (orange, citron vert, pamplemousse en petites touches)
  • Les herbes fraîches : persil, ciboulette, coriandre, aneth, basilic
  • L’ail et l’oignon, surtout confits ou doucement rôtis
  • Les épices douces : paprika, cumin, curcuma, mélange ras-el-hanout, gingembre
  • Pour limiter les odeurs dans la cuisine :

  • Privilégiez la cuisson en papillote ou au four, bien fermée.
  • Aérez dès le début de la cuisson.
  • Ajoutez un peu de citron ou de vinaigre dans l’eau si vous cuisez d’autres éléments à l’eau en même temps (pommes de terre par exemple).
  • Et surtout, évitez de le garder trop longtemps au réfrigérateur avant de le cuisiner : plus le poisson est frais, plus l’odeur sera discrète.

    Faire aimer le chinchard aux enfants (et aux réticents du poisson)

    S’il y a des petits (ou des grands) qui rechignent devant le poisson, le chinchard peut devenir plus passe-partout avec quelques astuces.

    Quelques idées :

  • Proposer des filets sans arêtes : le combat arêtes/assiette peut vite décourager.
  • L’accompagner de saveurs familières : pommes de terre, purée maison, carottes, riz, pâtes.
  • Le servir sous forme de tartinade ou rillettes sur du pain grillé, façon “apéritif” plus ludique.
  • Le paner légèrement : un enrobage léger (farine ou chapelure fine) et une cuisson rapide à la poêle donnent un côté croustillant qui plaît souvent beaucoup.
  • On peut aussi jouer sur la présentation : un joli plat familial, des couleurs (légumes rôtis, herbes fraîches), un peu de citron à presser soi-même dans l’assiette… tout ce qui rend le repas plus vivant aide à gagner de nouveaux adeptes.

    En faire un allié de votre planning de repas

    Intégrer le chinchard dans votre cuisine du quotidien, ce n’est pas rajouter de la complication, au contraire. Il peut devenir un poisson “de base”, au même titre que la sardine ou le maquereau, avec quelques habitudes simples :

  • Le repérer sur les étals quand il est à bon prix et bien frais.
  • Prévoir un plat au four un soir de semaine, avec légumes + poisson dans le même plat.
  • Cuire un peu plus pour avoir de quoi improviser un déjeuner du lendemain (salade, tartinade).
  • Tester différentes associations d’herbes et d’agrume jusqu’à trouver vos préférées.
  • Une fois que vous aurez apprivoisé sa cuisson et son goût, vous verrez qu’il n’a rien d’intimidant. Au contraire, c’est un poisson généreux, qui s’accommode très bien de recettes simples, des produits frais du marché et d’une cuisine sincère, sans chichis, exactement celle qu’on aime partager au quotidien.